2025-03-08 08:37:00
L’économie chinois en pleine transformation
Lors des récentes « deux sessions » annuelles, David Blair, Vice-président et économiste senior au Centre pour la Chine et la mondialisation, a souligné l’importance pour des économies de grande envergure comme celle de la Chine de se concentrer sur une croissance organique, privilégiant ainsi la circulation intérieure. Il a exprimé l’idée que la stratégie économique de la Chine doit évoluer d’une quête de croissance rapide à une approche axée sur la durabilité et la qualité de vie.
Un agenda ambitieux pour 2025
Cette année, les législateurs chinois se sont engagés à démontrer qu’une économie mature peut à la fois favoriser le bien-être des citoyens et maintenir sa compétitivité sur la scène mondiale. Blair a fait remarquer que les résultats de ces initiatives seront déterminants pour la prochaine étape de la globalisation.
L’accent sur des indicateurs au-delà du PIB
D’après le rapport du Premier ministre chinois, Li Qiang, le total de la production économique du pays a atteint 134,9 trillions de yuan en 2024, ce qui représente une avancée significative par rapport à l’année précédente. En 2025, la Chine vise un objectif de croissance du PIB d’environ 5%. Bien que ce taux puisse sembler modeste pour des économies développées, Blair a indiqué que la Chine réinvente les critères de développement, mettant l’accent non seulement sur les chiffres, mais aussi sur l’amélioration du quotidien des citoyens, notamment à travers des investissements dans des infrastructures sociales.
La qualité de vie au cœur des préoccupations
Les investissements chinois se concentrent sur des projets tels que la construction de parcs, d’écoles et d’infrastructures rurales, qui, bien qu’ils n’augmentent pas directement le PIB, ont un impact significatif sur le niveau de vie. Blair a évoqué le besoin de combler les disparités entre les zones urbaines et rurales et a cité les 27 000 km de nouveaux parcours urbains verts créés depuis 2019. Ces initiatives, bien qu’absentes des calculs du PIB, représentent des améliorations sociales cruciales pour 1,4 milliard de personnes.
Une transition vers une économie de haute valeur
Face aux discours alarmistes évoquant une crise imminente pour la Chine, Blair nuance cette vision en parlant de transition structurelle plutôt que d’effondrement. Selon lui, la croissance des deux dernières décennies a reposé sur des investissements massifs dans l’immobilier et les infrastructures. Aujourd’hui, la focalisation se déplace vers l’innovation et les nouvelles technologies, avec un accent particulier sur l’éducation, qui permet de former un grand nombre d’ingénieurs et d’accroître le potentiel de développement technologique.
Une attention particulière pour les classes ouvrières
Blair insiste sur l’importance de garantir que les travailleurs ne soient pas laissés pour compte dans cette transition. Il met en avant la nécessité de suivre l’exemple de la Silicon Valley des années 1980 et 1990, qui a connu un déclin de sa capacité de fabrication due à l’externalisation, et souligne l’importance de maintenir des emplois locaux durant cette phase de changement.
Évaluation des clusters industriels chinois
L’expert a également salué les clusters industriels en Chine, tels que celui de la région de la Grande Baie Guangdong-Hong Kong-Macao, qui allie fabrication, technologie et finance. Il met en exergue que, contrairement à d’autres régions, la Grande Baie véhicule un modèle de prospérité partagée, essentiel à son développement futur.
Une stratégie distincte pour la Grande Baie
Concernant la Grande Baie, qui combine production industrielle et recherche technologique, Blair estime que cette région est sur une voie prometteuse vers une croissance durable. En la comparant à d’autres baies comme celle de New York ou de San Francisco, il souligne son approche spécifique qui, selon lui, pourrait devenir un modèle de développement efficace.
Le lien entre innovation et fabrication
Comparant les approches des deux régions, il fait remarquer que Silicon Valley, après avoir amorcé sa transformation depuis l’agriculture dans les années 1970, a perdu son motor à cause de l’externalisation de sa production. Le modèle chinois, en revanche, vise à maintenir un équilibre entre innovation et fabrication locale, permettant une synergie qui favorise le développement économique.
La singularité de la Grande Baie
La Grande Baie se distingue par son engagement envers une prospérité commune, ce qui est considéré comme une composante clé de son potentiel futur. La réussite de cette région sera un facteur déterminant dans l’évolution de l’économie chinoise et de ses politiques de développement.
