2025-03-22 00:00:00
L’Australie se dirige vers une réglementation renforcée pour le secteur des cryptomonnaies, comme l’indique un récent rapport du Trésor. Cette initiative vise à établir un cadre clair, promouvant la sécurité des investisseurs tout en favorisant l’innovation dans l’industrie des actifs numériques. Les objectifs principaux de cette démarche incluent une protection accrue des consommateurs, une réduction des risques et une meilleure clarification des normes à suivre.
### Établissement d’un cadre réglementaire
Le projet de réglementation évoqué prévoit l’introduction de lois de services financiers existantes pour certains acteurs du secteur de la cryptographie. Des entités telles que les plateformes d’échange, les déposants de fonds, ainsi que les émetteurs de stablecoins devront acquérir une licence de services financiers australiens (AFSL) pour leur fonctionnement légal. Ces acteurs devront également se conformer à de nouvelles règles adaptées à la nature spécifique des actifs numériques.
### Mesures de sécurité et exigences pour les stablecoins
Les nouvelles régulations mettront l’accent sur la nécessité de réduire divers risques, notamment ceux liés à la garde des actifs, à la liquidité, aux relations de contrepartie, ainsi qu’à la fraude et à la cybersécurité. Les entreprises opérant avec des produits de valeur stockée sous forme de tokens, comme les stablecoins, devront respecter des exigences strictes. Cela inclut des protections pour les actifs des clients, des processus de rachat clairs et un soutien à la liquidité, s’alignant ainsi sur les normes en vigueur pour les systèmes de paiement traditionnels.
### Exemptions pour certaines catégories
Bien que ce cadre réglementaire vise à structurer le secteur, tous les acteurs ne seront pas concernés par ces nouvelles lois. Les développeurs qui conçoivent des applications blockchain non financières, ainsi que ceux qui élaborent ou entretiennent des protocoles décentralisés, resteront en dehors du champ d’application. De plus, les petites startups qui ne répondent pas aux critères fixés pourront également être exemptées, bien qu’elles devront respecter certaines obligations de conformité minimales.
### Consultation publique et élaboration de la législation
Le Trésor a annoncé qu’un projet de texte législatif sera mis en consultation publique dans le courant de l’année. Cette démarche ouvrira la voie à la rétroaction des parties prenantes, y compris de l’ASIC (Commission australienne des valeurs mobilières et des investissements), qui contribuera à façonner le cadre final.
### Réformes complémentaires
En parallèle à la mise en place du cadre de licences, des réformes plus vastes relatives aux cryptomonnaies sont envisagées. Cela inclut un nouveau Cadre de Reporting des Actifs Cryptographiques (CARF) et des mesures pensées pour résoudre les problèmes de dé-banking qui affectent de nombreuses entreprises opérant dans ce domaine. Selon les autorités, le dé-banking peut nuire gravement aux entreprises et individus concernés, étouffant la concurrence et freinant l’innovation dans le secteur des services financiers.
### Perspectives d’avenir : numérisation et expérimentations
Les régulateurs envisagent également des lois relatives à la tokenisation ainsi que la possibilité d’introduire une Monnaie Numérique de Banque Centrale (CBDC). Dans le même temps, le cadre réglementaire d’expérimentation, l’Enhanced Regulatory Sandbox (ERS), sera réévalué pour soutenir les innovations financières et technologiques. Cette plateforme permet à des entreprises d’explorer de nouveaux services financiers sans avoir à obtenir immédiatement une licence, favorisant ainsi une exploration sécurisée du domaine fintech en Australie.
