2025-04-09 00:43:00
- Selon une étude conjointe de Boston Consulting Group (BCG) et Ripple, le marché des actifs du monde réel tokenisés pourrait atteindre 18,9 billions de dollars américains d’ici 2033, avec une croissance annuelle composée de 53 %. Les prévisions oscillent entre 12 et 23,4 billions de dollars américains.
- Des exemples précurseurs tels que les obligations gouvernementales tokenisées soulignent des réductions de coûts significatives, bien que la coordination au sein de l’industrie soit cruciale pour éviter des problèmes majeurs tels que la fragmentation numérique.
Une récente analyse réalisée par le Boston Consulting Group en collaboration avec Ripple Labs anticipe que le secteur des instruments financiers tokenisés, ou actifs du monde réel, pourrait frôler les 18,9 billions de dollars américains (environ 31 billions de dollars australiens) d’ici à 2033. Cette estimation implique un taux de croissance annuel moyen d’environ 53 %, se situant entre un scénario prudent de 12 billions de dollars (environ 20,5 billions de dollars australiens) et une projection optimiste de 23,4 billions de dollars (environ 39,1 billions de dollars australiens) sur les huit prochaines années.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec la tokenisation, il s’agit d’un processus utilisant la technologie blockchain pour enregistrer la propriété d’actifs réels, qu’ils soient concrets (comme des biens immobiliers) ou immatériels (comme des droits de propriété intellectuelle). Ce mécanisme facilite le transfert de ces actifs, y compris des titres financiers, des matières premières et même des biens immobiliers. Cette méthode permet non seulement un échange continu des actifs, mais elle ouvre également la possibilité de la propriété fractionnée, augmentant ainsi la liquidité des actifs disponibles. Les contrats intelligents, nécessaires au bon fonctionnement de ce processus, éliminent la nécessité d’intermédiaires, garantissant ainsi que toutes les données sont transparentes et traçables grâce à l’enregistrement sur la blockchain.
Dans le rapport, Tibor Merey, directeur général et associé chez BCG, illustre cette évolution en déclarant :
La tokenisation transforme les actifs financiers en instruments programmables et interopérables, enregistrés sur des grands livres numériques partagés. Cela permet des transactions 24 heures sur 24, une propriété fractionnée et une conformité automatisée.

Tibor Merey, directeur général et associé chez BCG Succès des Obligations Tokenisées
Le rapport met en avant les obligations gouvernementales tokenisées et les bons du Trésor américain comme des premiers succès significatifs, car ces instruments permettent aux responsables des finances d’entreprise de convertir des liquidités non utilisées en obligations gouvernementales tokenisées directement à partir de leurs portefeuilles numériques. Leur réussite a entraîné une vive concurrence à l’échelle mondiale, Sergey Nazarov, co-fondateur de Chainlink, incitant les États-Unis à prendre les devants pour rester compétitifs dans l’industrie des RWAs tokenisés.
Le rapport identifie également le crédit privé et les marchés du carbone comme des domaines d’avenir prometteurs pour la tokenisation. Dans le domaine du crédit privé, la tokenisation peut offrir une meilleure visibilité des prix et la possibilité de propriété fractionnée, tandis que des registres basés sur la blockchain dans les marchés du carbone pourraient améliorer la transparence et la traçabilité des crédits d’émission.
Une des observations clés du rapport concerne les réductions de coûts : les projets de tokenisation peuvent désormais être lancés avec un budget inférieur à 2 millions de dollars américains (soit environ 3,34 millions de dollars australiens), alors que les grandes institutions pourraient investir plus de 100 millions de dollars (environ 156 millions de dollars australiens) dans des intégrations complètes englobant l’émission, la conservation, la conformité et le trading.
Cependant, un risque persiste si une coordination efficace au sein de l’industrie n’est pas mise en place. Jorgen Ouaknine, responsable mondial de l’innovation et des actifs numériques chez Euroclear, met en garde : sans une planification adéquate, les problèmes que la tokenisation cherche à résoudre pourraient réapparaître sous une forme numérique, contrecarrant ainsi l’objectif même de cette innovation.
