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Le Royaume-Uni Devance l’UE et les États-Unis en Réglementation Crypto, Avertit un Think Tank

2025-06-21 12:22:00
Le paysage réglementaire flou du Royaume-Uni sur les actifs numériques suscite de vives critiques de la part des acteurs du marché. Beaucoup pointent du doigt ce qu’ils appellent une « procrastination politique », affirmant que cela retarde le pays par rapport à l’Union européenne et aux États-Unis en matière de réglementation de la finance numérique.

### Une retombée de l’avantage précoce

John Orchard, président, et Lewis McLellan, rédacteur en chef de l’Institut Monétaire et Financier Numérique (OMFIF), un groupe de réflexion indépendant, estiment que le Royaume-Uni a perdu son avantage d’innovation précoce dans le domaine des finances basées sur la technologie des registres distribués. Leurs préoccupations, exposées dans un article récent, soulignent que le pays, qui semblait pouvoir établir une norme d’or pour la régulation des cryptomonnaies post-Brexit, continue de faire des déclarations vagues sur la réglementation à venir.

### Retard dans la feuille de route de la FCA

Actuellement, la Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni n’a pas fourni de date précise pour la mise en œuvre de son régime crypto, ce qui complique la situation. Selon Orchard et McLellan, cette absence de cadre fonctionnel empêche le Royaume-Uni de s’adapter à l’éventualité que l’ensemble des services financiers évoluent vers des systèmes basés sur la blockchain.

### Comparaison avec l’UE et les États-Unis

En contraste avec l’initiative du Royaume-Uni, le cadre réglementaire de l’Union européenne sur les cryptomonnaies, connu sous le nom de « Markets in Crypto-Assets » (MiCA), est déjà opérationnel. Parallèlement, le Sénat américain a récemment adopté le « GENIUS Act », une législation emblématique visant à établir des directives fédérales pour les stablecoins.

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### Une approche ambiguë des stablecoins

La critique s’adresse également à l’approche britannique concernant les stablecoins. Contrairement aux États-Unis qui les reconnaissent comme des outils de paiement distincts, les régulateurs britanniques les classifient comme des actifs d’investissement en cryptomonnaie, une décision jugée déroutante par de nombreux acteurs du marché. Les préoccupations se sont intensifiées après que la Banque d’Angleterre a proposé un cadre exigeant que les stablecoins soient entièrement soutenus par de la monnaie de banque centrale, ce qui, d’après les professionnels du secteur, rendrait leur émission commercialement non viable.

### Les avancées réglementaires internationales

D’autres juridictions, quant à elles, progressent rapidement. Par exemple, Hong Kong a récemment adopté une législation sur les stablecoins et développe activement un écosystème de tokenisation. Le cadre réglementaire de la Virtual Assets Regulatory Authority (VARA) des Émirats Arabes Unis a également été salué pour son approche dédiée aux actifs numériques, contrairement à celle du Royaume-Uni qui cherche à adapter des institutions existantes à de nouveaux modèles financiers.

### Un avenir incertain pour le Royaume-Uni dans la finance numérique

Malgré ses atouts indéniables, tels que son fuseau horaire, la langue anglaise et son système juridique avantageux, la position du Royaume-Uni en tant que centre d’innovation financière est de plus en plus vulnérable. Les acteurs du secteur alertent sur le fait que les centres financiers ne demeurent pas toujours dominants, et qu’une action proactive des régulateurs est essentielle pour maintenir la compétitivité du pays dans l’arène mondiale.