2025-06-07 15:15:00
La Banque de réserve d’Inde (RBI) reste fermement opposée aux cryptomonnaies, invoquant des risques significatifs pour la politique monétaire et la stabilité financière, malgré les pressions croissantes en faveur d’une clarification réglementaire.
Position fermée de la RBI sur la régulation des cryptomonnaies
Lors d’une récente conférence de presse, Sanjay Malhotra, gouverneur de la RBI, a réaffirmé l’opposition de l’institution envers les cryptomonnaies. Cela survient alors qu’un comité gouvernemental examine les options de politique et que la Cour suprême exige des lignes directrices plus claires. La résistance de la RBI souligne l’impasse réglementaire actuelle en Inde, où des forces juridiques, judiciaires et financières s’affrontent au sujet de l’avenir des actifs numériques.
Malhotra a déclaré que la RBI maintenait ses préoccupations quant aux risques que les cryptomonnaies pourraient poser à la stabilité financière et à l’efficacité de la politique monétaire. Il a précisé que la position de la RBI n’avait pas changé et que le comité gouvernemental poursuivait son examen sur cette question complexe.
L’urgence de la Cour suprême pour une réglementation claire
Dans le cadre de ces débats récents, la Cour suprême de l’Inde a souligné l’urgence d’établir des politiques claires concernant les cryptomonnaies. Les juges ont mis en exergue le flou réglementaire qui prévaut dans ce secteur, ce qui génère une confusion parmi les acteurs du marché. Un banc de la Cour, dirigé par les juges Surya Kant et N Kotiswar Singh, a même mentionné que prohiber les cryptomonnaies ne serait pas une option viable, compte tenu des évolutions du système financier mondial.
Depuis l’annulation par la Cour suprême en mars 2020 de la interdiction bancaire imposée par la RBI en 2018, la situation réglementaire reste ambiguë, ce qui complique davantage les interactions entre les différents acteurs du marché.
Un parcours chaotique vers la régulation des cryptomonnaies en Inde
La saga de la régulation des cryptomonnaies en Inde a débuté en 2018 avec une circulaire de la RBI interdisant aux banques et institutions financières de fournir des services aux entreprises de cryptomonnaie. Cette interdiction a été annulée par la Cour suprême en 2020, qui a jugé que cette mesure était disproportionnée et violait les droits constitutionnels des citoyens, selon l’article 19(1)(g) de la Constitution indienne.
Suite à cette décision, la RBI a ordonné aux banques de cesser de bloquer les transactions en cryptomonnaies, offrant ainsi un soulagement temporaire à l’industrie. Toutefois, la RBI maintient une position conforme à ses préoccupations concernant la potentielle instabilité financière provoquée par ces actifs.
Les inquiétudes persistantes de la RBI face aux cryptomonnaies privées
Shaktikanta Das, ancien gouverneur de la RBI, a régulièrement exprimé sa position en qualifiant les cryptomonnaies d’un “risque énorme pour la stabilité financière” et d’un “danger clair” pour le système économique. Il a même proposé une interdiction générale des cryptomonnaies, alertant sur les résultats négatifs que celles-ci pourraient engendrer pour la stabilité macroéconomique de l’Inde.
Malgré les revers juridiques, la RBI reste ferme sur ses convictions. Les craintes liées à l’utilisation des cryptomonnaies dans le blanchiment d’argent et leur impact sur l’efficacité de la politique monétaire restent au cœur de sa position. En 2022, l’Inde a également introduit un impôt de 30 % sur les gains en crypto et un prélèvement à la source de 1 % sur les transactions, l’une des régimes fiscaux les plus élevés au monde concernant les actifs numériques.
