2025-03-20 11:30:00
La confiance des petites entreprises atteint un point critique alors que la guerre commerciale États-Unis-Canada s’intensifie
Une dégringolade sans précédent de l’indice de confiance
En mars 2025, l’indice à long terme du Baromètre des affaires de la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCÉI) a chuté de manière spectaculaire, atteignant un niveau inédit de 25,0. Ce déclin de 24,8 points marque le plus bas historique de cet indice, surpassant même les périodes de crise majeures telles que la pandémie de 2020, la crise financière de 2008, et les impacts de l’attaque terroriste du 11 septembre.
Le sentiment de pessimisme chez les propriétaires d’entreprises
Les petites entreprises canadiennes se retrouvent dans une situation extrêmement difficile, comme le souligne Simon Gaudreault, économiste en chef et vice-président recherche à la FCÉI. Les entrepreneurs expriment une inquiétude croissante quant à l’avenir de leurs affaires, étouffés par l’incertitude et la volatilité des conditions économiques. Les stratégies à court, moyen ou long terme deviennent redoutablement ardues, puisque les événements peuvent changer rapidement.
Réactions à la pression économique : augmentation des prix et réduction des embauches
Face à une pression financière croissante, les petites entreprises envisagent une hausse des prix de 3,7 %, contrastant avec l’augmentation de 3,0 % observée en février. Ce changement est le plus important en un mois depuis le début de la pandémie. En parallèle, les prévisions d’augmentation des salaires ont baissé de 2,2 % à 1,9 %, reflétant des perspectives sombres. La baisse de la confiance se traduit également par une politique d’embauche prudente : 19 % des entreprises envisagent des réductions d’effectifs dans les mois à venir, alors que seulement 11 % prévoient d’embaucher.
La demande insuffisante : un constat alarmant
Depuis novembre dernier, le constat d’une demande insuffisante ne cesse de croître, atteignant un sommet historique de 59 % des petites entreprises affectées. Ce chiffre dépasse le maximum de 53 % atteint pendant la période pandémique, ce qui souligne la gravité de la situation actuelle pour le secteur.
Les secteurs les plus touchés par le déclin de confiance
Les pessimistes se retrouvent dans tous les secteurs d’activité, mais certains sont particulièrement préoccupants. Les secteurs de l’hôtellerie (17,0), de la fabrication (18,6), du transport (21,0) et de l’agriculture (21,3) affichent les indices les plus bas. De plus, les entreprises agricoles sont frappées par des tarifs de 100 % imposés par la Chine sur divers produits, y compris l’huile de canola et le porc, aggravant ainsi leurs défis face aux tarifs américains.
Le désespoir croissant parmi les provinces
Tous les territoires canadiens affichent une baisse de l’optimisme entrepreneurial, notamment celles de l’Ontario (23,4), de l’Alberta (24,1) et du Québec (24,9), qui figurent parmi les plus pessimistes. Cette situation exige une attention urgente des décideurs politiques, avertit Corinne Pohlmann, vice-présidente exécutive de la FCÉI. Les entreprises nécessitent un soutien substantiel pour naviguer dans cette tempête économique.
La nécessité d’une action politique immédiate
Pohlmann plaide pour une action proactive afin de soutenir les petites entreprises confrontées à ces défis. Elle appelle à des mesures telles que l’exonération des remboursements de taxe sur le carbone pour les petites entreprises, la reconnaissance mutuelle entre provinces, l’accroissement de l’exemption pour les gains en capital, et l’établissement de soutiens accessibles adaptés aux réalités des petites entreprises. Ce soutien serait crucial pour restaurer la confiance au moment où les entreprises en ont le plus besoin.
