2025-05-19 20:35:00
Une alerte persistante sur la trajectoire budgétaire des États-Unis
Depuis son accession à la présidence de la Réserve fédérale, Jerome Powell a régulièrement tiré la sonnette d’alarme au sujet de la situation budgétaire des États-Unis, qualifiant la trajectoire fiscale du pays d’« insoutenable ». Ce constat, exprimé à maintes reprises au fil des années, met en lumière une préoccupation croissante vis-à-vis des déficits américains, même si Powell précise qu’il n’a pas de pouvoir décisionnel dans l’élaboration des politiques fiscales.
Les limites de l’intervention monétaire
La responsabilité de la Fed se limite à établir la politique monétaire et à superviser les institutions bancaires, sans s’immiscer dans les affaires fiscales gouvernementales. Powell a clairement indiqué que, bien qu’il n’ait pas la capacité d’influencer les choix budgétaires, les décisions fiscales auront des répercussions significatives sur l’économie à long terme. Lors d’une conférence de presse en septembre 2018, il a souligné l’importance de s’attaquer à la situation budgétaire, expliquant que le pays ne peut plus ignorer cette réalité.
Répétition d’un message alarmant
Près de sept ans après ses premiers avertissements, la position de Powell n’a pas changé. En avril, il a observé que les États-Unis font face à des déficits considérables, même lorsque le taux de chômage est à son niveau le plus bas. Powell a affirmé que cette situation doit être résolue au plus vite. Début mai, il a encore insisté sur l’idée que le montant de la dette est sur une trajectoire dangereuse, tout en laissant le soin au Congrès de proposer des solutions de redressement.
Impact des agences de notation
L’inquiétude autour de la trajectoire budgétaire américaine a gagné en ampleur suite à la décision de Moody’s de retirer la note AAA des États-Unis. Cette décision a suscité des discussions sur l’impact potentiel de la prolongation des réductions d’impôts instaurées par l’administration Trump de 2017. Moody’s a averti que cela pourrait engendrer une augmentation des déficits de l’ordre de 4 000 milliards de dollars sur une décennie.
Réactions du gouvernement
Bien que la Maison-Blanche et les membres du Congrès aient tenté de minimiser les conséquences de la dégradation de la note, des personnalités comme la porte-parole de la Maison-Blanche ont exprimé leur désaccord avec l’évaluation de Moody’s. Ils soulignent la confiance persistante des investisseurs dans l’économie américaine et mettent en avant les gains réalisés par le gouvernement lors de ses récents déplacements au Moyen-Orient.
Une réponse proactive
Des membres de l’administration, tels que le secrétaire au Trésor et le président du Conseil des conseillers économiques, ont voulu rassurer le public concernant l’importance de redresser le déficit. Ils estiment que des politiques fiscales judicieuses pourraient stimuler la croissance économique et ainsi contribuer à réduire la charge de la dette. Selon eux, des prévisions de croissance ambitieuses pourraient permettre d’améliorer les recettes fiscales et d’atténuer le déficit.
Les préoccupations de Powell
Bien que Powell ait évité de commenter directement la dégradation de Moody’s, il a pris soin de rappeler l’importance d’aborder les programmes d’entraide publique, comme Medicare et la Sécurité sociale, pour alléger le poids de la dette. Il a fait valoir que se concentrer sur la réduction des dépenses discrétionnaires ne résout pas le problème structurel. Ce constat soulève des interrogations quant à la gouvernance fiscale dans le contexte d’une population vieillissante qui nécessite de plus en plus de soutien économique.
Perspectives économiques
Les avertissements de Powell s’attachent également à mettre en lumière les conséquences d’une base fiscale en contraction, résultant d’un âge démographique croissant. Lors de ses interventions précédentes, il a affirmé que les États-Unis doivent affronter la réalité d’un budget fédéral profondément déséquilibré au fur et à mesure que la population atteint l’âge de la retraite.
Ce constat, partagé par plusieurs experts et responsables économiques, appelle à des discussions plus larges sur les défis économiques et les solutions potentielles à adopter pour bâtir un avenir fiscal plus sain pour le pays.
