2025-04-17 12:17:00
La nécessité d’ajuster les prévisions de bénéfices
Wall Street pourrait devoir reconsidérer ses prévisions en matière de bénéfices face à des estimations jugées trop optimistes. Actuellement, le consensus sur les bénéfices de l’indice S&P 500 indique une croissance de 9 % d’une année sur l’autre pour cette année, suivie d’une augmentation prévue de 14,3 % en 2026. Cependant, certains analystes, comme Adam Parker de Trivariate Research, estiment que ces chiffres sont irréalistes, considérant le contexte macroéconomique actuel. Selon Parker, une révision significative des bénéfices est à prévoir cette année, avec une prévision de hausse limitée à seulement 1 % pour cette année et 4 % pour l’année suivante.
Impact des révisions des prévisions de bénéfices
Parker met en garde contre les conséquences que peuvent engendrer des révisions pessimistes des bénéfices, en particulier lorsque celles-ci résultent d’estimations initiales trop élevées. Il souligne que le marché a récemment pénalisé sévèrement les entreprises qui ont raté leurs prévisions, une situation qui pourrait se reproduire dans un avenir proche. Les entreprises comme Delta Air Lines et Nike ont déjà subi des baisses de 13 % et 25 % de leurs actions respectivement, après avoir émis des avertissements sur leurs résultats. La rigueur des sanctions contre les entreprises qui révisent leurs prévisions à la baisse souligne la nécessité d’être prudent.
Les vols de bénéfices : deux grands risques en vue
Les risques pesant sur les bénéfices des entreprises cette année peuvent être identifiés comme étant étroitement liés. Le premier provient de la politique tarifaire du gouvernement, qui semble causer des hésitations dans la prise de décision des entreprises et engendre des fluctuations de la demande. En effet, la récente annonce d’une pause de 90 jours sur les droits de douane par l’administration Trump, à l’exception de ceux imposés sur la Chine, a exacerbé les incertitudes dans le commerce international. Ce cadre tarifaire, avec un tarif de 145 % sur certains échanges avec la Chine, pose des défis considérables aux acteurs du marché.
Perspectives d’évolution des mesures douanières
Parallèlement, la Maison Blanche a élaboré des règles qui exonèrent certains produits électroniques des tarifs réciproques, signalant une volonté d’adapter sa stratégie commerciale tout en naviguant dans des relations tendues avec des partenaires commerciaux. Toutefois, une nouvelle taxe sur les semi-conducteurs devrait être annoncée dans les prochaines semaines, créant des incertitudes supplémentaires pour les entreprises dépendantes de ces biens.
Le rôle limité de la Réserve fédérale
La Réserve fédérale se trouve également dans une position délicate. Avec la remontée potentielle des coûts due aux tarifs, les opportunités de relance économique par le biais de baisses de taux d’intérêt deviennent complexes. La situation financière pourrait se dégrader si les objectifs de croissance s’opposent aux orientations inflationnistes engendrées par la politique tarifaire actuelle. Cela pourrait limiter la capacité de la Fed à stimuler l’économie tout en maintenant son engagement envers un contrôle de l’inflation.
Adaptation des stratégies d’investissement
Face à cette conjoncture, de nombreux investisseurs, comme Larry McDonald, suggèrent qu’il est temps de reconsidérer les allocations d’actifs. Une nouvelle approche pourrait se traduire par une répartition de 30 % pour les matières premières, 30 % pour les obligations, et 40 % pour les actions, en particulier dans un environnement où les prévisions de bénéfices semblent surévaluées. Les actifs durement, tels que l’or ou certains ETF liés aux métaux, pourraient offrir une protection contre la volatilité attendue sur les marchés boursiers.
Les pressions sur le marché nécessitent ainsi un examen attentif des stratégies d’allocation de portefeuille, avec une mise en avant des actifs qui pourraient mieux résister face à la volatilité et à l’incertitude économiques.
