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Les États-Unis suspendent un paquet de financement climatique de 2,6 milliards de dollars pour l’Afrique du Sud

2025-03-20 07:13:00

Blocage des Financements Climatiques pour l’Afrique du Sud

L’administration américaine ralentit la distribution d’un montant crucial de 2,6 milliards de dollars destiné à soutenir les initiatives climatiques en Afrique du Sud, ce qui suscite des inquiétudes quant à un éventuel blocage définitif de ces fonds. Cette situation a été rapportée par des sources proches du dossier qui ont souhaité garder l’anonymat en raison de la sensibilité du sujet.

Un Dispositif Financier en Suspens

Au cours d’une réunion récente, des représentants des États-Unis ont empêché l’approbation d’un versement de 500 millions de dollars par les Climate Investment Funds (CIF), qui sont liés à la Banque mondiale, en faveur de l’Afrique du Sud. Ce blocage représente un obstacle significatif, car ces fonds auraient ouvert la porte à un financement supplémentaire de 2,1 milliards de dollars provenant d’institutions de développement multilatérales et d’autres sources. Une nouvelle tentative d’approbation pourrait être envisagée lors des prochaines réunions des CIF en juin.

Tensions Diplomatiques Croissantes

Ce développement pourrait exacerber les tensions entre les États-Unis et l’Afrique du Sud. L’administration de Donald Trump avait déjà interrompu l’aide à ce pays, proclamé son ambassadeur « persona non grata » et dénoncé la prétendue expropriation de terres par le gouvernement sud-africain, malgré le fait qu’aucune confiscation de terres privées n’ait eu lieu depuis la fin de l’apartheid en 1994.

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Recul des Initiatives Climatiques Américaines

Les tensions bilatérales s’inscrivent dans un contexte plus large de désengagement des États-Unis vis-à-vis des initiatives climatiques mondiales. Peu après son entrée en fonction, Donald Trump a promis de retirer le pays de l’Accord de Paris, un traité international sur le climat. Il a également annulé une promesse de financement de 4 milliards de dollars destinée à un autre fonds climatique international, le Green Climate Fund, et a renoncé à des projets d’aide pour des pays comme l’Indonésie, le Vietnam et l’Afrique du Sud, qui avaient pour but de réduire leur dépendance au charbon. Cette dernière décision a déjà coûté 1 milliard de dollars à l’Afrique du Sud en prêts.

Blocage Potentiel des Disbursements

La possibilité de bloquer les versements des CIF est à la merci des pays contributeurs. Sur les 15 nations ayant contribué aux 12,5 milliards de dollars gérés par les CIF, toute objection ou demande de délai pour obtenir plus d’informations sur les conditions d’utilisation des fonds peut entraver le processus d’approbation. Les modalités exactes par lesquelles les États-Unis ont entravé l’approbation restent obscures.

Réponse des Autorités Américaines et Sud-Africaines

Un porte-parole du Trésor américain a refusé de commenter sur cette question. Les CIF, en réponse aux interrogations, ont précisé que les délibérations des membres ne sont pas rendues publiques et que les documents ne sont publiés qu’une fois approuvés. Les autorités sud-africaines concernées par le financement climatique n’ont pas souhaité faire de commentaires sur cette situation tendue.

Contributions Financières : L’Essor des États-Unis

À la fin de 2024, les États-Unis demeurent le principal contributeur des CIF, avec une participation de 3,84 milliards de dollars, suivis de près par le Royaume-Uni et ses 3,63 milliards. L’Allemagne, le Japon et le Canada ont également apporté un soutien conséquent, chacun dépassant le milliard de dollars.

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Enjeux pour l’Afrique du Sud

L’Afrique du Sud aurait pu s’assurer de ces financements l’an dernier, alors que l’administration Biden était toujours en fonction, mais a choisi de retarder le processus pour renégocier les termes de l’accord. Le pays a cherché à prolonger l’exploitation de trois centrales à charbon au-delà de l’échéance de 2030 fixée initialement. L’absence de ces fonds représenterait un coup dur pour l’Afrique du Sud dans sa quête de transition vers l’énergie verte et de fermeture des centrales à charbon, qui représentent plus de 80 % de sa production d’électricité, faisant d’elle l’une des économies les plus polluantes au monde dans sa catégorie.