2025-05-15 21:05:00
Contexte de l’affaire
Les avocats de l’ancien président Donald Trump ont plaidé devant un juge du Delaware, soutenant que l’action en justice intentée à son encontre par les cofondateurs de sa plateforme Truth Social devrait être rejetée ou suspendue. Selon eux, Trump bénéficie d’une immunité juridique en tant que président en exercice. Ce débat s’inscrit dans un contexte où des personnalités ayant collaboré avec Trump sur le projet incriminé l’accusent de tenter de réduire injustement leurs parts dans l’entreprise.
Arguments des co-fondateurs
Andy Litinsky et Wes Moss, anciens candidats de l’émission The Apprentice, affirment avoir été lésés dans leur partenariat avec Trump pour le lancement de Truth Social. Ils ont déposé une plainte l’année dernière, se plaignant que Trump aurait cherché à diminuer leur participation de 8,6 % dans la société, et ce, dans le but de les exclure de l’introduction en bourse de Truth Social. Ces accusations soulignent des enjeux financiers majeurs pour les cofondateurs qui ont des intérêts dans la valorisation de l’entreprise.
Immunité présidentielle en jeu
La question centrale du litige est l’immunité juridique dont Trump pourrait se prévaloir. Bien que la Cour suprême des États-Unis ait reconnu que les présidents bénéficient d’une immunité présumée contre les poursuites pénales concernant leurs fonctions officielles, elle a également précisé que cette protection ne s’applique pas aux affaires civiles pour des actions antérieures à leur mandat. Trump, de son côté, avance qu’il est également à l’abri des poursuites dans les juridictions étatiques.
Précautions contre les poursuites politiques
L’avocat de Trump, John Reed, a soutenu que permettre la poursuite pourrait ouvrir la voie à des attaques politiques contre le président, soulignant qu’il faisait face à 14 poursuites en l’espace de cinq mois. Il a insisté sur le fait que le système judiciaire ne devrait pas fournir aux opposants politiques des moyens pour atteindre leurs objectifs via des litiges. Ses arguments mettent en avant la complexité des fonctions présidentielles et l’impact potentiel des poursuites privées sur l’efficacité du gouvernement.
Réponse des plaignants
L’avocat de Litinsky et Moss, Christopher Clark, a rétorqué que l’immunité de Trump ne s’applique pas à des actes non officiels. Il a indiqué que son intention n’était pas de perturber le fonctionnement institutionnel, mais plutôt de garantir une équité dans le traitement des affaires commerciales. Clark a aussi signalé qu’une situation similaire pourrait survenir dans une autre affaire en cours en Floride, impliquant le groupe médiatique Trump.
Les répercussions potentielles
Les débats autour de l’immunité et des poursuites en cours ouvrent la voie à des réflexions plus larges sur la responsabilité des dirigeants élus et les limites de leur protection juridique. La juge Lori Will, qui entendait l’affaire, a choisi de suspendre l’audience sans rendre de décision immédiate, laissant place à de futures discussions sur cette question complexe.
Détails supplémentaires sur l’affaire
Les plaignants, Litinsky et Moss, ont vendu environ 11 millions d’actions de Truth Social l’année précédente, représentant une valeur d’environ 150 millions de dollars. Ils estiment être en droit de recevoir une compensation supplémentaire pour avoir soutenu la société lors de sa mise sur le marché. Pendant ce temps, Trump, qui détient 60 % des parts, a affirmé qu’il ne prévoyait pas de vendre ses actions, même après la chute significative de la valeur du groupe après l’introduction en bourse.
