2025-04-20 19:00:00
Performance Boursière de Nvidia
Les actions de Nvidia, un des leaders du marché des puces d’intelligence artificielle (IA), ont connu une chute de 8,5 % durant la semaine du 14 au 18 avril. Ce recul s’inscrit dans le cadre d’une semaine de trading écourtée, avec la fermeture des marchés à l’occasion du vendredi saint. À la fin de cette période, l’action s’établissait à 101,49 $.
Contexte du Marché
Au cours de la même semaine, l’indice S&P 500 a enregistré une baisse de 1,5 %, tandis que le Nasdaq Composite, réputé pour sa concentration de valeurs technologiques, a reculé de 2,6 %. De son côté, Advanced Micro Devices (AMD), un concurrent de Nvidia, a vu ses actions diminuer de 6,3 %.
Annonce d’Expansion de la Production
Nvidia a connu une légère remontée de 1,3 % de son action mardi, malgré un affaiblissement général du S&P 500 de 0,2 %. Les investisseurs ont réagi positivement à l’annonce faite par la société dans un article de blog, indiquant qu’elle collaborait avec ses partenaires pour concevoir et établir des usines destinées à la fabrication de superordinateurs d’IA entièrement aux États-Unis. L’objectif est de produire jusqu’à 500 milliards de dollars d’infrastructures d’IA sur le sol américain dans les quatre prochaines années, en s’associant à plusieurs entreprises.
Détails des Partenariats de Fabrication
Nvidia a commencé la production de ses nouvelles puces Blackwell dans les usines de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), basées à Phoenix, Arizona. TSMC, qui est le plus grand fabricant de semi-conducteurs sous contrat au monde, est depuis longtemps le partenaire principal de Nvidia. En outre, Nvidia collabore également avec Amkor et SPIL pour les opérations de conditionnement et de test dans cet État.
L’entreprise projette également de construire deux usines de fabrication de superordinateurs au Texas, l’une en partenariat avec Foxconn à Houston et l’autre avec Wistron à Dallas. La mise en production de masse dans ces usines devrait débuter dans 12 à 15 mois.
Impact des Nouvelles Réglementations sur les Exportations
Malheureusement, Nvidia a connu une chute de 6,9 % de ses actions mercredi, suite à des révélations par le biais d’un dépôt auprès de la SEC des États-Unis. Ce dépôt annonçait que la société prévoyait d’appliquer des charges pouvant atteindre 5,5 milliards de dollars sur ses résultats financiers du premier trimestre fiscal, conséquence de restrictions gouvernementales américaines sur l’exportation de sa puce H20 vers la Chine et d’autres pays sélectionnés.
Ces charges concernent les produits en stock, les engagements d’achat et les réserves associées. En d’autres termes, Nvidia a des commandes de puces de la part d’entreprises chinoises qu’elle ne pourra probablement pas honorer, tout en détenant un stock de ces puces qu’elle ne pourra pas vendre sans subir de lourdes pertes.
Évolution des Contrôles à l’Exportation
Les nouvelles restrictions gouvernementales marquent la deuxième élargissement des contrôles à l’exportation instaurés en août 2022 sur les puces et systèmes capables de gérer des charges de travail avancées en IA. Initialement élargies en octobre 2023, ces réglementations visent à répondre à des préoccupations en matière de sécurité nationale. L’impact de ces mesures est conséquent, car la majorité des revenus de Nvidia provient de sa plateforme pour les centres de données.
Le dépôt précise que le 9 avril, Nvidia a été informée que l’exportation de la puce H20 vers la Chine et certains autres pays nécessiterait une licence, signalant ainsi une restriction quasi totale. Il est à noter qu’aucun rapport n’indique que le gouvernement américain aurait accordé de telles licences à Nvidia ou à d’autres fabricants de puces affectés.
Projections Financières et Impact sur les Revenus
La question cruciale pour les investisseurs est de savoir comment ces nouvelles réglementations influenceront les résultats financiers de Nvidia. Pour le premier trimestre fiscal 2026, la société avait prévu un chiffre d’affaires de 43 milliards de dollars, soit une augmentation de 65 % par rapport à l’année précédente. Toutefois, les charges de 5,5 milliards de dollars concernant la puce H20 représentent près de 12,8 % des prévisions de cette période.
En se basant sur ces prévisions, le chiffre d’affaires de Nvidia, même sans les charges, pourrait atteindre environ 44 milliards de dollars. Toutefois, avec les nouvelles charges, les revenus pourraient se réduire à 38,5 milliards de dollars.
En comparant cette projection aux résultats antérieurs, le chiffre d’affaires du trimestre précédent (T4 de l’exercice 2025) était de 39,33 milliards de dollars. Il apparaît donc probable que le chiffre d’affaires du premier trimestre fiscal sera légèrement inférieur à celui du trimestre précédent, bien qu’il pourrait encore afficher une solide croissance de 48 % par rapport à l’année précédente.
Conséquences sur la Rentabilité
Les charges liées à la H20 impacteront de manière significative le revenu net de Nvidia, bien que l’ampleur exacte de cet impact reste difficile à évaluer au vu du manque de communication de la société sur ses bénéfices par secteur. Cependant, il est raisonnable de supposer que les profits des plateformes pour centres de données, qui sont généralement plus rentables, subiront une pression plus forte proportionnellement aux charges.
Nvidia se trouve donc dans une position délicate : sans la puce H20, la concurrence sur le marché des centres de données chinois sera particulièrement difficile à gérer, ce qui pourrait entraîner une baisse notable de ses revenus dans cette région.
Perspectives à Long Terme
Malgré les défis actuels, de nombreux analystes demeurent optimistes quant à l’avenir de Nvidia. La taille du marché d’adresse globale reste immense, même sans la Chine. Les unités de traitement graphique (GPU) de Nvidia continuent de dominer le marché des puces d’IA, avec une demande particulièrement forte. De plus, les nouvelles phases d’IA, telles que l’IA agentique et l’IA physique, sont à leurs débuts et connaissent une croissance rapide.
Nvidia a également vu ses actions diminuer de 32 % par rapport à leur sommet historique atteint en janvier, mais affiche tout de même une augmentation de 19,9 % par rapport à l’année précédente, alors que le marché général, mesuré par le S&P 500, n’a enregistré qu’un rendement de 6,9 % sur la même période.
